A défaut d'un lit, me voilà assis sur un banc. On est une bonne cinquantaine à en faire de même, on baille tous le cul posé sur du bois, comme des cons. La majorité d'entre nous aurait sûrement préférés un lit -on se fait grave chier- mais l'université où je suis ne fournit que des bancs. S'ils croient que c'est ça, qui va nous empêcher de dormir, ils se plantent. Du coup on dort assis. C'est du service public tout craché, il vise à côté des véritables besoins. Ils sont tout aussi à côté pour le recrutement des enseignants, ces mecs ne veulent pas enseigner, c'est clair. Ils ne véhiculent aucune espèce d'émotion, de conviction, ils ne font que régurgiter un cours prédigéré pour endosser un joli chèque à la fin du mois, qu'importe le montant, ça sera dans tous les cas trop cher pour du vomi. Aujourd'hui, l'un d'entre eux est là pour me montrer que « l'exception confirme la règle ». Terrible coup du sort pour un enseignant qui nous parle de « passion » avec le regard vitreux d'un (...)
Quelques mots de l'auteur
Ce "Gens du voyage" après son BAC fait un DUT Techniques de Commercialisation, prend à la surprise de tous- deux ans ferme à Montpellier. Après ça, tatoué de la tête aux pieds de symboles capitalistes, il réussit à sévader grâce à une petite cuillère quil subtilise à la cantine. Il trouve asile à Glasgow en tant qu'assistant de professeur de français. Tel le jedi, il revient à Montpellier pour découvrir « l'intérêt général » en Licence 3 d'Administration Publique. Son professeur de Droit Public le brûle au chalumeau pour effacer le dollar américain quil avait en bas du dos (...)