Il était une fois... Et voilà que ça recommence! Un récit est en gestation. Une histoire. Et quelle histoire! Celle dun homme et dune femme? Ne soyons pas pressés. Tout dévoiler au début supprime leffet de surprise. Et la surprise, cest ce quil y a de
plus palpitant en ce bas monde. Alors patience, patience, il faut que je trouve les mots-quil-faut pour entrer dans le jeu du récit avec noblesse et élégance.
Blessure. Morale. Vanité. La société y est pour quelque chose. J'ai acheté une photographie d'une petite fille. Plus exactement une carte postale. Pourquoi cet achat?
Mystère. Explicable pour certains.
Inexplicable pour moi qui vis dans l'incertitude. L'image transpire de vieillesse. Transpire de tristesse. Le temps. Toujours le temps! Quel semeur de zizanie! Où suis je?
Le soleil brille. Il fait froid. La rue est belle à regarder. Du jamais vu. Qui aurait...
Où est-il ce dieu plein de miséricorde? Nous sommes sur terre pour faire des expériences, disent certains. Subir. Évoluer. En avant. En arrière. Les philosophies sont nombreuses. Trop nombreuses. Elles camouflent la vérité. La vérité est une disent les adeptes de lunique. La vérité a une double face pour lhomme qui mène une double vie, plus la nuit que le jour. La littérature est là pour témoigner. Avec quelques siècles de retard. Écrire doit être plus un vomissement quun repentir. La littérature traditionnelle a pour soeur jumelle la logique. Lerreur est dans la tradition.
Je rencontre par hasard le plus inimaginable de mes amis denfance. Nous nous nétions pas vus depuis plus de vingt ans.
Après les éternelles questions sans queue ni tête, nous décidons daller boire un verre... Nous entrons dans un bar. Il prend un whisky, moi un pastis avec de la grenadine.
Je veux être. Ceci. Ou cela. Ou ceci et cela. Pour rire. Ou pour pleurer. Ou les deux à la fois. J'y crois. C'est possible. Bien entendu j'y crois. À quoi ? À tout et à rien. Ou à tout ou à rien. Ou personne. Ou tout le monde. Ça tourne dans ma tête. Car elle est en fête cette tête qui tourne dans ma tête. Vraiment ? Je n'en sais rien. Ou à peine. Parfois trop. Trop souvent. Ou pas assez. Assez, assez ! Il faut que j'aille travailler.
Mon nom est Pier Bergsma. Je suis marchand de vent. En gros. Et au détail. Je vends du vent du matin au soir grâce à un moulin que jai fabriqué. De mes propres mains. Grâce à ma tête. Bourrée de cellules hors norme. Ma femme est marchande de silence. Elle gagne moins que moi parce que le silence quelle met en boîte nest pas encore à la mode. Ça viendra. Ça viendra le jour où les gourmands de bruit seront atteints de bruitophobie. Patience. Mes affaires marchent bien. Très bien. Parfois trop bien. Lété surtout quand les plages sont bondées. Quand on étouffe faute despace.
Un jour, dans le désert du Hedjaz...
Le chamelier:
Si seulement j'avais un ami
Pour échanger quelques mots
Ou tout simplement un ennemi
Courant derrière mon dos
La vie serait moins monotone
Mais d'ici à la Mecque
Tout est sec
Pas le moindre fruit
Pas le moindre bruit
A en mourir je m'ennuie
Même dans mes rêves la nuit
Bref cest ma destinée
Puisque bédouin je suis né
Avertissement! Certains passages de ce récit risquent de heurter la sensibilité de certaines personnes. Cest pourquoi, je conseille fortement aux âmes sensibles de ne pas se lancer dans la lecture de cette ouvrage...
Cette histoire est une histoire vraie ou presque vraie. Pour être plus précis, je dirais: certains moments de cette histoire sont tellement vrais que lon pourrait croire quils sont faux ou quils viennent dun autre monde, une monde purement fictif. La réalité est parfois absurde! Mais la fiction narrive jamais à la dépasser.
Je suis un homme aux idées larges. Jespère lêtre. Aux idées sans limites... Construire. Détruire. Reconstruire. Imaginer. Oser. Se lancer. Effacer. Reconnaître. Jaime ces verbes. Il font parti de ma philosophie de base. Jétais un brillant élève en mathématiques. Et le hasard a voulu que je méloigne de ces sciences. Je suis diplômé en métaphysique expérimentale. Et joccupe actuellement le poste de responsable dun service très spécial de létat qui consiste à archiver les thèses non reconnues ou considérées comme étant de fausses thèses ou des thèses absurdes.
Au coeur du silence. Au coeur du désert. Jaimerais être en plein désert face à l'infini. J 'aimerais ne plus devoir rougir de tristesse, pleurer de honte ou rire de colère. Jaimerais être en plein désert à l'ombre sous un palmier et regarder limmensité du ciel. Un ciel bleu. Bleu ciel. Pur. Immaculé. Jaimerais vivre une vie pleine d'amour, sans abri, à l'abri des bruits de la ville et de l'enfer des hommes. Jaimerais aimer une fois pour toutes convenablement, dignement... Montre-moi le chemin. Montre-moi le chemin du désert, ange du silence, mon ange!
Jai sans doute trop écrit... Ainsi, je me suis souvent perdu dans des paysages de nulle réalité. Cest ce qui explique que mes pensées semblent ne ressembler à rien. Au vide. Au néant. Que Dieu vienne à mon secours!
Femme, amour, désert, mirage, soif, sueur... où suis-je?
Une nuit. Quelque part entre ciel et terre, je me trouvai face à une belle femme dune cinquantaine dannées qui me proposa de la suivre chez elle.
Lamour, une couronne dépines et de lauriers.
Au commencement, bien que ce terme soit très vague, lhomme était un être aux structures psychiques proches, voire même identiques, de lanimal le moins rusé de la planète.
Dieu créa lhomme, lhomme le recréa. Mais cest un blasphème! diraient les esprits ultraconservateurs, généralement munis dune longue barbe noire, rousse
mais jamais blanche. Ces individus peu fréquentables caressent plus souvent leur
kalachnikov que leur livre sacré. Cest pour
ces raisons là que je loge actuellement dans
un bunker de larmée... (extrait)